Le gouvernement congolais entend en finir avec la spirale d’instabilité qui mine les institutions provinciales. Le message, porté par le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, est sans ambiguïté : « Le gouvernement ne saurait dorénavant laisser les provinces sombrer dans un cycle d’ingouvernabilité sans fin », a-t-il martelé devant la presse.
Désormais, toutes les options sont sur la table, y compris le recours aux prérogatives extrêmes prévues par la Constitution, notamment aux articles 197 et 198. L’objectif : garantir la stabilité institutionnelle et préserver l’autorité de l’État, souvent mise à mal par des querelles locales et des crises politiques à répétition.
Jacquemain Shabani a déploré le non-respect des engagements pris lors de l’atelier national sur la stabilisation des institutions provinciales tenu en septembre 2025. Ces assises, rappelle-t-il, avaient permis la signature d’un acte d’engagement solennel par les présidents des assemblées provinciales, les gouverneurs et vice-gouverneurs. L’accord prônait la concertation, le respect mutuel et la cohésion entre exécutifs et délibérants.
« Force est de constater que ces engagements ont été bafoués par ceux-là mêmes qui les ont signés », regrette le ministre de l’Intérieur. Il cite à titre d’exemple la multiplication des pétitions et motions souvent déposées en violation du droit de réponse, pourtant garanti par les règlements intérieurs des assemblées provinciales.l
Pour Jacquemain Shabani, cette dérive institutionnelle compromet gravement la mise en œuvre des politiques publiques dans les provinces et freine l’élan de développement voulu par le chef de l’État. Le président Félix Tshisekedi, rappelle-t-il, avait déjà tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises, notamment lors des conférences des gouverneurs.
C’est dans ce cadre que des instructions claires ont été données par le président de la République et la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, afin de mettre un terme à ce cycle d’instabilité chronique. Le VPM en charge de l’Intérieur est désormais mandaté pour appliquer sans failles ces directives, quitte à recourir à toutes les dispositions légales disponibles.
« L’État ne restera plus spectateur face à l’anarchie », a conclu le vice-Premier ministre, déterminé à faire prévaloir la discipline républicaine.
Cette offensive gouvernementale marque un tournant dans la gestion des provinces. Kinshasa entend restaurer l’autorité de l’État, mais aussi rappeler les acteurs provinciaux à leurs responsabilités. La stabilité institutionnelle, insiste Shabani, est un préalable indispensable au développement économique et social que le gouvernement souhaite voir se concrétiser dans chaque coin du pays.
Ne Kakinankaziko Mayola
