C’est une respiration attendue depuis des décennies. À Kinshasa, la construction de la Rocade, longue de 73 kilomètres, apparaît déjà comme le plus ambitieux projet d’infrastructure urbaine depuis la fondation de la ville. En lançant ce chantier, le président Félix-Antoine Tshisekedi ne se contente pas de bâtir une route : il répond à une lassitude populaire, celle d’une capitale engorgée, étouffée, où la mobilité était devenue un luxe.
Sur le terrain, la réalité parle d’elle-même. De Mbudi à Ndjoko, la Rocade redessine la géographie de la mégapole. “J’ai fait tout le trajet à moto” indique un usager. Ce ruban d’asphalte est perçu comme le signe tangible d’un État qui agit enfin.
Mais derrière le bitume, il y a une vision. Celle d’un chef d’État convaincu que la modernisation du réseau routier est un levier de transformation nationale. La Rocade, c’est l’idée d’une ville fluide, connectée, où le transport cesse d’être un fardeau économique et social. Une rupture historique, tant Kinshasa avait manqué, depuis l’époque de l’État Indépendant du Congo, de projets d’envergure capables de remodeler son espace urbain.
Si chaque gouvernement, depuis 1960, avait posé ne serait-ce qu’un jalon similaire, le pays aurait depuis longtemps relié ses territoires et désengorgé ses capitales. Tshisekedi, lui, veut rompre avec cette inertie. Sa stratégie est claire : faire de l’infrastructure un instrument de dignité nationale, un symbole d’un Congo qui construit au lieu de subir.
Et demain, lorsque le ring nord complètera ce chantier, Kinshasa pourrait enfin respirer pleinement. La Rocade ne sera alors plus seulement une route, mais une promesse tenue : celle d’un État à l’écoute, d’un président à l’action et d’une capitale qui, après tant d’années d’immobilisme, retrouve enfin le mouvement.
Ne Kakinankaziko Mayola
