ÉDITORIAL
Kinshasa – Lundi 13 octobre 2025, Delly Sessanga a signé sur le plateau de Bosolo na Pokitik l’une de ces sorties qui font grincer des dents et secouent la conscience nationale. Affirmer que des individus ayant pris les armes contre les institutions légalement établies ne seraient pas des « rebelles » dépasse le simple débat politique : c’est une insulte au bon sens et un déni manifeste de la Constitution.
Selon l’article 63 de notre loi fondamentale, tout citoyen a le devoir sacré de défendre l’intégrité du territoire et les institutions de la République. Or, qualifier de « non rebelles » ceux qui défient la République par la force revient à nier la gravité du crime de rébellion, expressément réprimé par le Code pénal comme une atteinte à la sûreté de l’État.
Au-delà de la maladresse rhétorique, ce type de discours frôle l’illégalité. L’article 64 alinéa 2 de la Constitution est clair : « Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’État. » Laisser entendre que ces actes pourraient être légitimes, c’est ouvrir la porte à la complicité morale, voire pénale, avec ceux qui mettent en péril notre souveraineté.
La liberté d’expression, certes garantie par l’article 23, n’est pas un blanc-seing pour cautionner la trahison. S’afficher en soutien implicite à des mouvements armés documentés et condamnés par l’ONU et par la communauté internationale, c’est franchir la ligne rouge de la loyauté envers la Nation.
Face à ces provocations, les services de sécurité doivent se rappeler de leur mission : protéger l’État et ses citoyens, maintenir l’ordre et prévenir toute forme de collusion avec l’ennemi. Nul, quel que soit son rang, n’a le droit de tourner en dérision la souveraineté nationale.
Dans les mêmes conditions, le chef de l’État ukrainien Volodymyr Zelensky n’avait pas hésité à déchoir plusieurs personnalités controversées, dont le maire d’Odessa, Guennadi Troukhanov, de leur nationalité ukrainienne, en raison de leur position sur le différend qui oppose la Russie à l’Ukraine.
La question est simple : ceux qui cultivent des ambiguïtés doivent clarifier leur position. Soit ils rejoignent au grand jour le camp de l’agresseur et ses aventuriers de la subversion, soit ils réaffirment leur fidélité à la République et à son ordre constitutionnel. Il n’y a pas de zone grise.
La dérive observée lundi n’est pas une affaire d’opinion politique, mais de responsabilité pénale et de fidélité républicaine. L’État de droit n’est pas une scène de théâtre : il exige respect, cohérence et devoir. Et le message est clair : la République ne se laisse ni séduire ni ridiculiser.
Ne Kakinankaziko Mayola
