Le président honoraire de la République Démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a été condamné à mort le 30 septembre 2025 au terme d’un procès par contumace pour « trahison » et « crimes de guerre ».
Ce verdict continue de défrayer la chronique. La Commission épiscopale nationale du Congo a, par l’entremise d’un communiqué lu par Monseigneur Nshole, son secrétaire général, exprimé sa désapprobation concernant la condamnation à mort de l’ancien président.

Contacté par notre rédaction, le Dr Télé Bantapi, membre de l’exécutif national de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, a livré ses impressions consécutivement au communiqué de la Conférence épiscopale nationale du Congo.
Voici ci-dessous l’intégralité de la réaction du secrétaire national de l’UDPS-TSHISEKEDI, le Dr Télé Bantapi👇👇👇
Nous avons suivi avec intérêt soutenu la déclaration de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) exprimant sa désapprobation quant à la condamnation à mort de l’ancien président de la République, Joseph Kabila. Une telle position soulève de sérieuses préoccupations éthiques, morales et politiques dans le contexte actuel de la République Démocratique du Congo.
Les saintes écritures renseignent, dans le neuvième chapitre du livre de la Genèse, au sixième verset (9:6) : « Celui qui versera le sang de l’homme, par l’homme sera versé le sang, car l’homme a été fait à l’image de Dieu. » Ce passage est une illustration parfaite concernant l’affaire Kabila. Point n’est besoin de rappeler les circonstances qui ont précédé la condamnation à la peine de mort du président honoraire…
« Celui qui frappe quelqu’un et cause sa mort sera mis à mort » (Exode 21, 12), prévoit ce livre du prophète Moïse. L’entreprise terroriste du président honoraire contre la République, qui lui a tout donné, est impardonnable et injustifiée.
La condamnation de Joseph Kabila ne doit pas être perçue comme un acte de vengeance politique, mais comme une étape importante dans la quête de justice et de vérité pour les innombrables victimes d’abus de pouvoir, de corruption systémique et de violences graves commises sous son régime. Cette décision marque, au contraire, un tournant décisif dans l’histoire de notre pays : la fin de l’impunité des dirigeants et l’émergence d’une justice capable de s’attaquer aux plus puissants.
En tant qu’institution morale profondément enracinée dans la conscience collective du peuple congolais, la CENCO se doit de soutenir les efforts visant à établir la vérité et à rendre justice à ceux dont les droits ont été bafoués. La justice n’est pas une option politique, encore moins un luxe institutionnel : elle constitue la condition première de la réconciliation nationale et du rétablissement de la confiance entre le peuple et ses dirigeants.
Certes, le droit à la vie demeure un principe sacré et universel. Mais il ne saurait être invoqué pour occulter l’exigence de responsabilité pénale et de reddition des comptes. En rejetant la condamnation de Joseph Kabila sans nuance, la CENCO risque d’envoyer un message ambigu: celui selon lequel les crimes graves, y compris les crimes contre l’humanité, peuvent être tolérés au nom d’une compassion mal placée. Une telle lecture reviendrait à accorder une prime à l’impunité.
La CENCO, en tant que voix morale et spirituelle de la nation, a le devoir d’élever le débat national au-dessus des considérations politiques pour l’ancrer dans les valeurs de justice, de vérité et de dignité humaine. Elle ne peut rester indifférente face aux souffrances vécues par des millions de Congolais durant les années sombres de notre histoire récente.
Il est temps d’engager une réflexion courageuse et lucide sur la manière dont nos institutions — religieuses, judiciaires et politiques — peuvent œuvrer ensemble à la construction d’un avenir fondé sur la justice, la responsabilité et la paix durable.
Nous appelons donc la Conférence Épiscopale Nationale du Congo à reconsidérer sa position sur cette question cruciale. La lutte contre l’impunité ne saurait être subordonnée à une compassion aveugle. Elle doit, au contraire, s’inscrire dans une démarche éthique visant à restaurer la dignité des victimes et à poser les bases d’un véritable État de droit.
Nous espérons que la CENCO adoptera une posture plus proactive, qui allie le souci du pardon au devoir de justice, et qui place la vérité et la responsabilité au cœur du renouveau moral et spirituel de la nation congolaise.
