Dans un contexte politique marqué par des tensions croissantes et une instabilité institutionnelle palpable, nous avons eu l’opportunité de s’entretenir avec le Dr Cédric Vila, premier vice-président de la fédération de Madimba de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS).
Au cœur de cette interview, nous avons exploré la crise actuelle qui secoue l’Assemblée provinciale du Kongo Central.
Notre interlocuteur nous a éclairés sur les enjeux majeurs qui divisent les acteurs politiques, les conséquences de cette situation sur le développement local et les perspectives d’une sortie de crise.
À travers son analyse, nous avons pu saisir les dynamiques complexes qui régissent la politique provinciale et les défis auxquels la population est confrontée.
Suivez ci-dessous l’intégralité de l’intégralité de cet échange enrichissant!!
Code 243: Quelle lecture faites-vous de la crise Institutionnelle qui prévaut au Kongo Central?
Dr Cédric Vila: En vrai, il n’existe pas de crise institutionnelle dans la province du Kongo central, c’est juste une interprétation erronée des textes qui régissent l’assemblée provinciale du Kongo central par le camp MANTEZOLO. Il y a eu une pétition contre le bureau de l’assemblée initiée par 1/4 des députés provinciaux. Ensuite, viendra la pétition contre le président et le vice-président de cette institution, initiée par 22 députés provinciaux, qui représentent déjà une majorité. À cette étape, le président ne peut plus convoquer la plénière. Seul le directeur administratif de l’assemblée provinciale du Kongo central est habileté à le faire. Ce dernier convoque la plénière pour installer le bureau d’âge. Ce bureau doit travailler dans le sens d’examiner la pétition de chaque membre du bureau. Le tout passera au vote. Ceux qui sont exclus lors du vote de la pétition quittent le bureau et conservent leurs sièges de députés. Ceux qui restent dans le bureau auront pour mission d’organiser les élections du nouveau bureau. Sinon, si tout le bureau tombe, l’organisation des élections du nouveau bureau reviendra au bureau d’âgue reproche re.
Code 243: Que reproche t-on réellement aux membres du bureau incriminés?
Dr C.Vila: les députés sont clairs dans leurs revendications. Ils reprochent au bureau, dont le Président, une gestion chaotique de la première institution de la province. Ils l’accusent de bloquer systématiquement tout contrôle parlementaire, de gérer de manière opaque et irrégulière le marché d’acquisition des véhicules des députés, de mal orienter le crédit obtenu par la province pour la construction du nouveau bâtiment de l’Assemblée provinciale, projet jugé non prioritaire, de museler les députés provinciaux qui ne partagent pas leurs opinions, de faire preuve de népotisme et de tribalisme, ainsi que d’assurer une gestion opaque des finances de l’Assemblée provinciale.
Code 243: l’Udps, votre parti, est-elle le grand bénéficiaire de cette crise?
Dr.C. Vila: Je ne vois pas les choses de cette manière. Je dois par ailleurs rappeler que c’est le parti présidentiel qui a sonné la sonnette d’alarme sur la gestion opaque au niveau de la province. L’udps/ Tshisekedi s’est mobilisée et a appelé les élus à la raison afin de faire partir le président de l’Assemblée provinciale. L’udps a toujours été du côté du peuple. Nous estimons qu’il est temps de procéder rapidement au changement des animateurs des institutions du Kongo Central. Ceux qui gèrent actuellement la Province ont lamentablement échoué.
Code 243: l’UDPS/KONGO CENTRAL s’estime-t-elle roulée dans cette alliance avec l’AVC?
Dr C.Vila: Il faut éviter de tomber dans le piège des médiocres. L’UDPS ne défend pas vraiment ses intérêts mais plutôt de la province. L’UDPS comme parti présidentiel, sera seule devant le peuple en ce qui concerne le bilan au terme de ce mandat. Nous sommes dans l’obligation de veiller au bon fonctionnement des institutions et au développement de notre province. Nous ne pouvons cautionner la megestion que nous vivons actuellement, faute d’un leadership efficient à la tête des institutions de la province.
Code 243 : Certains observateurs estiment que cette crise serait artificielle mais alimentée à partir de Kinshasa par André WAMESO pour contrôler les richesses de la Province et surtout étouffer un contrôle sur la gestion de son protégé Guy Bandu. Quelle est votre réaction à ce sujet?
Dr C.Vila: Je me demande pourquoi l’honorable Papy MANTEZOLO et sa bande voient partout l’ombre de Son Excellence André WAMESO. C’est tout simplement de l’hallucination. Le Gouverneur de la BCC n’est, ni de près ni de loin, impliqué dans cette affaire concernant notre province. C’est le peuple Mukongo dans son ensemble qui réclame le changement. Je leur demanderais donc de laisser Son Excellence André WAMESO, un notable Kongo dont le travail à la tête de la BCC honore tous les Bakongo, continuer à oeuvrer calmement sa noble mission de stabiliser la monnaie congolaise. Ils sont eux-mêmes les auteurs de leur propre chute. Le peuple est fatigué : la province s’est abaissée bien plus qu’auparavant.
Code 243: votre mot de la fin
Dr C.Vila: Je demanderais aux Bakongo d’être vigilants, unis et déterminés pour l’intérêt de la province. J’exhorte en outre l’honorable Papy MANTEZOLO à éviter le bras de fer avec la population, surtout pas la base de l’UDPS. Il est mieux de quitter la chose avant que la chose ne vous quitte. Seul l’intérêt de la province prime.
