La commémoration du 17 mai 1997, qui marque la chute du régime du Maréchal Mobutu suite à la victoire des forces de l’AFDL sur l’armée zaïroise, continue de susciter des divisions au sein de la société congolaise et de l’échiquier politique. Bien que son libellé ait été modifié et qu’elle soit désormais une journée chômée et payée dans toute la République Démocratique du Congo, les tensions persistent.
Autrefois, c’est le terme « libération » qui enflammait les débats, mais aujourd’hui, les intellectuels et divers acteurs vont au-delà de ce concept, surtout depuis l’accession au pouvoir de S.E.M Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en mettant l’accent sur la symbolique portée par cette date dans la mémoire collective.
L’Ingénieur Nixon Nzinga Nlandu, cadre de l’UDPS et candidat député élu dont la proclamation a été injustement invalidée par la Cour Constitutionnelle, a abordé cette problématique à l’occasion des célébrations de cette année. Selon lui, cette commémoration représente une insulte à la nation congolaise, car elle célèbre la victoire des forces ougando-rwandaises sur l’armée congolaise.
Pour lui, cet événement est à l’origine de trois décennies d’instabilité dans l’est du pays, ayant causé plus de 10 millions de morts et de déplacés, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la RDC.
« Célébrer cette date, c’est aussi cracher sur les martyrs de l’Est. Les multiples rébellions et mouvements terroristes qui ont émergé dans cette région ne sont que la suite logique de l’AFDL. Tous les chefs de ces groupes armés qui sèment la désolation et la terreur à l’Est proviennent des rangs de l’AFDL. C’est une date qui rappelle le malheur pour les Congolais, » a-t-il déclaré.
De plus, Nixon Nzinga Nlandu soutient qu’il ne suffit pas de modifier le terme utilisé ; il est essentiel de choisir une autre date afin de ne pas valider la victoire de cette invasion masquée. Il rappelle que suite à cette victoire, l’armée congolaise a subi la plus humiliante des revers, lorsque le Rwanda a imposé le général James Kabarebe comme chef d’état-major général des Forces Armées Congolaises.
Sans détours ni faux fuyants, Nixon Nzinga Nlandu exhorte la communauté scientifique et les acteurs politiques à réfléchir sérieusement à la nécessité de désigner une nouvelle date pour célébrer nos Forces Armées, un jour rappelant une histoire qui mette en lumière les exploits de nos valeureux soldats.
Ne Kakinankaziko Mayola
