Le lancement des travaux de construction des rocades à Kinshasa par le Président de la République, S.E.M Félix-Antoine Tshisekedi, constitue une trouvaille pour le désengorgement de la capitale, souvent sujette à des embouteillages monstres qui causent des désagréments aux habitants de cette mégapole en expansion, accueillant un flux important de populations venues de l’intérieur du pays.
Cette innovation, saluée par tous comme un ouf de soulagement pour des millions de Kinois, s’est vite transformée en calvaire pour des milliers d’entre eux à cause d’études de faisabilité très mal élaborées, voire fantaisistes.

Alors que les tracés avaient déjà été rendus publics après des études préalables, une scène rocambolesque digne d’un court métrage hollywoodien est en train de se dérouler à Kinshasa, dans la commune de Mont-Ngafula, précisément à Mitendi 2, dans la localité Nkayi, comme si nous étions dans la jungle où seule la force des biceps imposait la loi.
Pour la petite histoire, ce quartier a été loti et cadastré il y a plus de dix ans, dans le strict respect des normes urbanistiques, après avis favorable des services compétents et habilités.
À notre grande surprise, des agents de la société choisie ont investi le quartier le week-end dernier pour effectuer des démarcations, annonçant au passage la démolition immédiate du quartier pourtant cadastré, sans avertir les occupants qui sont des propriétaires attitrés. Aucun échange n’a eu lieu avec ces derniers pour envisager une indemnisation.
Stupéfaits et circonspects, les habitants du quartier sont dans un émoi total et lancent un cri de désespoir aux autorités étatiques.
« Nous ne sommes pas contre une œuvre d’utilité publique. Nous sommes dans un État de droit et les choses doivent se passer conformément aux textes. Nous sommes propriétaires, nous détenons des titres fonciers. On ne peut pas nous traiter de la sorte. Nous avons acquis nos parcelles en suivant scrupuleusement toutes les voies légales, » a déclaré Josue Mupemba, l’un des occupants.
« Si l’État veut bien construire ici, nous sommes prêts à coopérer pourvu que nos intérêts soient respectés. Nous sommes des citoyens et nous encourageons le développement des infrastructures dans notre pays. Nous exhortons l’État congolais à engager des négociations avec nous pour nous donner ce qui nous revient de droit s’il souhaite construire ici. Nous rappelons au Chef de l’État qu’il a été élu ; personnellement, j’ai porté mon choix sur sa personne pour l’instauration d’un État de droit, » a-t-il ajouté.
Il convient de noter qu’en ce qui concerne ce coin de la Capitale, il est de notoriété publique que la route était initialement prévue ailleurs. Les habitants du quartier Nkayi sont curieux de connaître les raisons de ce changement brusque du tracé originel pour leur quartier.
Selon certains riverains, souhaitant rester anonymes, un dignitaire possédant des terres dans la zone où la route était censée passer aurait exercé une forte pression pour modifier l’itinéraire initial.

Cette population rappelle aux décideurs que de telles initiatives ternissent l’image du Chef de l’État, qui travaille d’arrache-pied pour l’amélioration des conditions de vie de la population. Elle invite les autorités impliquées à privilégier la paix sociale en optant pour une solution idoine.
À titre de rappel, le quartier Nkayi faisait partie d’une concession de Me Mopondo, un avocat de renom et ténor du barreau, qui a été loti et cadastrée depuis plus d’une décennie. Les occupants de ces parcelles sont tous détenteurs de titres fonciers irrévocables.
Ne Kakinankaziko Mayola
