Lors du Sommet des leaders à Belém, au Brésil, le président de la République Démocratique du Congo (RDC), Félix Antoine Tshisekedi, a prononcé un discours marquant, réaffirmant l’engagement de son pays envers la lutte climatique tout en dénonçant les inégalités criantes dans le financement de cette cause vitale.
Devant un parterre de dirigeants mondiaux, le président congolais a mis en avant le projet stratégique du couloir vert Kivu-Kinshasa. Cette initiative, intégrée dans la Contribution Déterminée au Niveau National (CDN 3.0) de la RDC, incarne une vision claire et ambitieuse pour la conservation de la biodiversité.
« La République Démocratique du Congo est l’une des rares nations à avoir dédié plus de 30 % de son territoire à la préservation de la nature », a-t-il déclaré, illustrant l’exemplarité du pays en matière de protection environnementale.
Félix Tshisekedi a également insisté sur la nécessité d’une gouvernance rigoureuse pour le marché du carbone, promouvant des réformes structurelles pour assurer la transparence. « Nous avons mis en place des mesures radicales pour garantir la crédibilité de notre démarche, notamment à travers la création d’une autorité régulatrice », a-t-il précisé, marquant ainsi une avancée significative dans la gouvernance climatique de la RDC.
Le président a dressé un tableau saisissant des impacts du changement climatique sur les populations vulnérables de la RDC : « Nos concitoyens font face à des catastrophes telles que des inondations, des sécheresses et une insécurité alimentaire grandissante. »
Félix-Antoine Tshisekedi a mis en lumière le défi du financement : « Les ressources restent insuffisantes et mal orientées. Il est impératif de rétablir l’équilibre entre les financements dédiés à l’atténuation et ceux destinés à l’adaptation. »
Au-delà des enjeux environnementaux, le président a rappelé la dimension sociale de la crise climatique : « Cette situation constitue également une question de justice et d’équité. Les plus vulnérables, ceux qui ont le moins contribué aux dérèglements climatiques, en subissent les conséquences les plus sévères. »
Cette affirmation résonne comme un appel à une prise de conscience collective au sein de la communauté internationale, soulignant l’urgence de corriger les injustices historiques qui entravent l’accès des pays en développement au soutien climatique.
Alors que la COP30 s’ouvre dans un contexte marqué par des crises environnementales multiples à travers le continent africain, le discours de Félix Tshisekedi positionne la RDC en tant qu’acteur incontournable de la lutte climatique. Son appel en faveur d’un soutien international renforcé pour le couloir vert Kivu-Kinshasa et d’une meilleure répartition des financements pourrait bien redéfinir les contours des négociations internationales.
La détermination affichée par le président congolais témoigne d’une maturité politique et d’un engagement profond. Fort de ses vastes ressources naturelles, la RDC aspire à jouer un rôle clé dans la construction d’un avenir climatique à la fois juste et équitable pour l’Afrique.
Ne Kakinankaziko Mayola
