Aimé Boji, ministre de l’Industrie dans le gouvernement Suminwa 2, a rendu son tablier hier, lundi. Il a présenté sa démission alors que son rendement était digne d’éloges au sein de l’équipe gouvernementale. Conséquence, il se rendra ce mardi au Palais du peuple, sauf imprévu, pour sa réintégration en qualité de député national élu du Sud-Kivu.
Mais il appert aux yeux de bien d’observateurs que le départ volontaire d’Aimé Boji du gouvernement procéderait d’un calcul et d’une stratégie politique savamment montés par son parti politique. Une manière de chercher à conserver le perchoir de la chambre basse du Parlement après l’avoir perdu avec l’éviction, fin septembre 2025, de Vital Kamerhe, des suites d’une pétition de destitution lancée à son encontre.
Entre-temps, d’autres ambitions pour ce poste se sont déclarées au sein du parti sans pour autant retenir l’attention de la majorité des députés nationaux membres de l’UNC. C’est le cas du député national Mbayo.
Pour l’heure, l’UNC n’a pas encore endossé officiellement la candidature d’aucune autre personnalité parmi ses membres. Officiellement, dans un communiqué publié le 18 octobre dernier, le parti affirme attendre encore à ce sujet les orientations de la Haute Autorité Politique de Référence de l’Union sacrée de la Nation (USN).
Mais toutefois, sauf surprise de dernière minute, on ne voit pas l’UNC adouber une candidature autre que celle d’Aimé Boji. Outre ses immenses capacités intellectuelles, l’homme jouit d’un atout supplémentaire qui ferait pencher la balance en sa faveur. Il est originaire de l’Est de la République. Depuis un certain temps, les députés radicaux de ce coin du pays ne jurent que sur la présence de l’un des leurs pour remplacer Kamerhe, originaire également de l’Est du pays.
Dans un pays voué au sacro-saint critère de géopolitique, la candidature d’Aimé Boji à ce poste apparaît comme quelque chose de naturel et de providentiel à la fois. Toute autre voie en dehors de cette dernière risque de raviver des tensions inutiles et de nuire à la bonne cohésion au sein de la majorité au pouvoir. Et cela, le Président Félix Tshisekedi le sait mieux que quiconque. Lui à qui l’UNC ne cesse de rappeler qu’elle est sa principale alliée et de taille depuis Nairobi 2018 et qu’elle entend le demeurer. Un rappel qui a l’air d’un avertissement !
Paulin Tunsele
