Coup de gueule
Le slogan « Sauvons le Congo » n’est pas né dans les salons climatisés ni sur les plateaux des diasporas politisées. Il a été forgé dans la ferveur d’un engagement sincère, par un homme d’Église, l’archevêque Kutino Fernando, dont la voix portait autrefois les espoirs d’un peuple fatigué des promesses sans lendemain. Mais ce cri du cœur, devenu étendard d’un patriotisme intransigeant, fut étouffé par un procès de la honte. Condamné injustement, il sera incarcéré au centre pénitentiaire de Rééducation de Kinshasa( Prison de Makala). Il en sortira très affaibli après plus d’une décennie.
Les années ont passé, et voilà que ce même slogan refait surface, cette fois dans la bouche de ceux-là mêmes qui, jadis, en redoutaient la portée. Ironie du sort : « Sauvons le Congo » est désormais devenu l’argument marketing d’une opposition en exil, plus prompte à s’autoproclamer sauveuse qu’à bâtir une alternative crédible.
À observer les récents conciliabules organisés sous ce label, une question s’impose : comment peut-on prétendre fonder un mouvement politique depuis l’exil ? Près de 98 % des participants à ces assises vivent loin du sol congolais, parfois depuis des années, et peinent à mesurer les réalités d’un pays qu’ils prétendent reconstruire à distance. Rappelons qu’à Kinshasa, ces mêmes figures peinaient à mobiliser ne serait-ce que 500 personnes autour de leur cause. Aujourd’hui, installés à des milliers de kilomètres, ils prétendent rallumer la flamme patriotique qu’ils n’ont jamais su entretenir.
Et que dire de Seth Kikuni, l’entrepreneur politique devenu influenceur d’opinion à la recherche d’un auditoire ? Ses provocations répétées relèvent moins d’une ambition nationale que d’une stratégie de visibilité. Inutile de s’en offusquer : mieux vaut le laisser s’agiter dans le vide médiatique qu’il recherche désespérément.
« Sauvons le Congo », disaient-ils. Mais de quoi, et surtout, de qui ? L’histoire, elle, retiendra peut-être que ce beau mot d’ordre, né d’un engagement spirituel et citoyen, aura fini capturé par ceux qui confondent salut de la nation et carrière personnelle.
Pour faire à aux critiques parfois infondées et aux tentatives de déstabilisation venues de certains cercles politiques, le message gouvernemental se veut clair : la République ne reculera pas. La légalité, l’ordre républicain et la stabilité du pays ne sont pas négociables.
Cette posture, que d’aucuns jugent ferme, traduit en réalité une volonté de maturité politique et de responsabilité. Elle s’inscrit dans une vision plus large — celle d’un État qui refuse l’improvisation et qui veut bâtir son avenir sur la cohérence, la discipline et le respect des institutions.
Les réformes engagées dans la sécurité, l’économie ou encore la gouvernance locale témoignent de cette ambition de transformation. À l’heure où certains misent sur le chaos pour exister politiquement, le gouvernement, lui, mise sur la continuité de l’État et la confiance du peuple congolais.
La République Démocratique du Congo avance, sans arrogance mais avec assurance. Et si le chemin reste semé d’embûches, la direction, elle, ne laisse place à aucun doute : celle de la souveraineté, du développement et de la dignité nationale.
Ne Kakinankaziko Mayola
