Du 13 au 18 octobre, Washington est devenue la capitale diplomatique de la finance mondiale. Gouverneurs de banques centrales, ministres des Finances, représentants de la société civile et experts internationaux s’y sont retrouvés à l’occasion des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale. Parmi eux, André Wameso, gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), qui a pris part à la 114ᵉ réunion du Groupe des 24 (G24), forum stratégique des pays émergents et en développement.
Créé en 1971 sous l’égide du Groupe des 77, le G24 se veut la voix unifiée des économies du Sud face aux puissances du Nord. Et dans un contexte mondial marqué par la montée des tensions géopolitiques, la flambée des dettes publiques et l’érosion de la croissance, cette édition a pris des allures de conclave décisif.
-Un constat lucide sur les fragilités du monde
Les débats ont mis en lumière un triple constat :
la fragilité structurelle de nombreuses économies, aggravée par la violence et les conflits qui ravagent certaines régions ;
le lien indissociable entre paix et développement ;
et la menace que représentent les dettes publiques élevées pour les perspectives de croissance à long terme.
Les participants ont également tiré la sonnette d’alarme sur l’impact délétère des tensions commerciales et de la volatilité financière. Ces facteurs, combinés à la baisse des exportations et des transferts de fonds, accentuent les vulnérabilités macroéconomiques dans de nombreux pays émergents, freinant à la fois la croissance et le développement durable.
Dans un communiqué final à la tonalité ferme, les membres du G24 ont souligné la nécessité de maintenir l’indépendance des banques centrales.
Selon eux, cette indépendance demeure « la clé de voûte de la crédibilité et de l’efficacité » des politiques monétaires, face à une inflation tenace et à des marchés toujours plus incertains.
Les politiques intérieures, ont-ils rappelé, ont souvent permis de contenir les flambées inflationnistes dans les pays en développement, mais cette réussite reste fragile. D’où la recommandation de renforcer la résilience des finances publiques à travers une rationalisation des dépenses, une priorisation des réformes structurelles et un appui accru des institutions multilatérales.
Les conclusions du G24 plaident pour une approche coordonnée face aux défis mondiaux.
Les membres ont appelé à : maintenir la mobilisation de la communauté internationale dans les pays fragiles ou en conflit ;
honorer les engagements financiers déjà pris envers ces États ;
soutenir leurs efforts de reconstruction et de développement durable ;
et accroître la transparence dans la gestion de la dette publique.
Pour le groupe, la coopération internationale reste plus que jamais indispensable afin de rétablir un environnement commercial stable, équitable et prévisible.
À l’heure où les grands équilibres économiques mondiaux se redessinent, le G24 entend renforcer son rôle d’aiguillon. Ses réunions, organisées traditionnellement avant les Assemblées du FMI et de la Banque mondiale, permettent aux pays du Sud de faire entendre une position commune face aux défis systémiques.
En prenant part à ces échanges de haut niveau, le gouverneur André Wameso a inscrit la Banque centrale du Congo dans la dynamique des institutions africaines qui plaident pour une gouvernance économique mondiale plus inclusive et équilibrée.
Ne Kakinankaziko Mayola
