Le gouverneur du Haut-Katanga accuse l’ancien ambassadeur itinérant de dérives personnelles et d’ambitions démesurées au sein du camp présidentiel.
Six mois après un apparent rapprochement entre notables katangais, la fracture semble désormais consommée. Dans une sortie médiatique remarquée à Lubumbashi, Jacques Kyabula Katwe, gouverneur du Haut-Katanga, a rompu le silence sur les tensions l’opposant à Dany Banza Maloba, ex-ambassadeur itinérant du chef de l’État. Le ton est grave, les mots mesurés mais tranchants : pour Kyabula, son ancien allié aurait voulu s’ériger en pivot incontournable du pouvoir dans la province.
« Il voulait que tout le monde soit derrière lui, et non derrière le Chef de l’État », déplore le gouverneur, accusant Dany Banza d’avoir orchestré une vaste campagne de déstabilisation ciblant plusieurs figures proches de la présidence.
Selon Kyabula, tout aurait basculé au moment où il a décidé d’assumer publiquement son ancrage au sein de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), le parti présidentiel. « Depuis ce choix, il m’a déclaré une guerre ouverte », confie-t-il, affirmant que des propos sortis de leur contexte auraient été utilisés pour ternir son image et semer la confusion au sein du camp Tshisekedi.
L’ancien proche du gouverneur, aujourd’hui marginalisé, est accusé d’avoir « causé du tort à de nombreux Katangais » durant son passage au sein du cercle présidentiel. « Qu’il ne fasse pas croire qu’il serait accueilli comme un héros », lance Kyabula, visiblement décidé à briser l’omerta qui entourait jusque-là leurs différends.
Le chef de l’exécutif provincial dénonce également une stratégie de division : « Dany Banza voulait devenir un passage obligé pour quiconque souhaitait accéder au Chef de l’État. Une posture dangereuse pour l’unité du camp présidentiel. »
Convoqué à Kinshasa pour consultations par le vice-premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, la gestion du Haut-Katanga est provisoirement confiée à son vice-gouverneur, Martin Kazembe.
Malgré les pressions et les attaques, le gouverneur se veut serein :« Je garde mon calme, mais je ne céderai pas. »
Cette passe d’armes met en lumière les tensions internes qui traversent le camp présidentiel dans l’ex-Katanga, où loyautés régionales et ambitions politiques continuent de se heurter à l’heure où Félix Tshisekedi tente d’installer une nouvelle dynamique au sein de ses soutiens.
Ne Kakinankaziko Mayola
