Justice: Abdon Etina: une loyauté qui dérange !!
L’interpellation à Kinshasa le mercredi le 17 mars, dans la soirée, du directeur général adjoint de la Direction générale des impôts (DGI), Abdon Etina, continue de faire grand bruit, bien au-delà des cercles administratifs. Dans un contexte déjà marqué par des tensions latentes, cet épisode aux contours flous met à jour certaines limites d’un appareil étatique encore en quête de consolidation.
D’après plusieurs sources concordantes, ce haut fonctionnaire de l’État aurait été interpellé dans son bureau par des hommes se réclamant des services de sécurité, avant que sa résidence ne soit, dans la foulée, la cible d’une perquisition systématique. Une double séquence qui interroge, tant sur la régularité de l’opération que sur le respect des règles, alors que le Chef de l’État s’évertue à professionnaliser ce secteur.
Mais au-delà de ces faits troublants, c’est la trajectoire d’Abdon Etina qui retient l’attention. Présenté comme un technocrate méticuleux, engagé dans l’optimisation des recettes publiques et aligné sur la vision du Président Tshisekedi, il incarne pour nombre d’observateurs une figure de constance dans un environnement politique souvent fluctuant. Une fidélité qui, aujourd’hui, semble paradoxalement l’exposer.
En toile de fond, des accusations non confirmées évoquent des tensions internes à la DGI, notamment avec sa hiérarchie. Bien que non étayées, ces allégations doivent être abordées avec prudence. Elles traduisent néanmoins un climat de rivalités feutrées.
Dans ce contexte, une lecture s’impose progressivement : celle d’un haut fonctionnaire fragilisé pour sa loyauté et son alignement à la vision du Chef de l’État. Abdon Etina apparaîtrait ainsi comme la victime d’un système où la fidélité, lorsqu’elle ne s’accompagne pas d’ajustements tactiques, peut devenir un facteur de vulnérabilité.
Cette affaire soulève, en filigrane, une question centrale: celle de la protection des serviteurs de l’État. Comment un mandataire public peut-il être interpellé sans communication officielle claire ?
Originaire du Maï-Ndombe et réputé fidèle des fidèles du président Tshisekedi, Abdon Etina bénéficie aujourd’hui de soutiens qui dénoncent une procédure opaque et réclament des éclaircissements. Pour ces voix, l’enjeu dépasse le simple cas individuel : il touche aux fondements mêmes de l’État de droit. Bien qu’il n’ait pas été candidat lors des élections de 2023 pour se conformer aux textes, il a été parmi les têtes couronnées de l’Union Sacrée de la Nation qui ont véritablement mouillé le maillot pour le Président. Autorité morale de l’APOCM, qui compte à ce jour 13 députés nationaux, 12 provinciaux, deux sénateurs, un gouverneur, un président de l’Assemblée provinciale, 5 ministres provinciaux et 34 conseillers communaux, Abdon Etina est, selon plusieurs sources, victime de la méchanceté de certains cadres au sein de l’Union Sacrée de la Nation.
À mesure que les appels à une enquête sereine se multiplient, ce dossier pourrait devenir un test grandeur nature pour les services. Car au-delà du destin d’un homme, c’est la capacité du système à protéger ses cadres, à garantir la transparence et à prévenir les dérives qui est désormais scrutée.
Rédaction