Alors que des acteurs politiques congolais réclament un dialogue inclusif, Guylain Mwanji, président du parti AVANCE, a affirmé, le vendredi 9 janvier, qu’« il serait intellectuellement imprudent et politiquement illusoire de le considérer comme une solution-miracle » à la crise sécuritaire qui perdure dans le pays depuis plusieurs décennies.
Voici in Extenso ce qu’il pense du dialogue inclusif tant réclamé par la classe politique:
Le Président de la République, fidèle à sa posture d’homme d’ouverture et de rassemblement, a réaffirmé, à l’occasion de son récent déplacement à Luanda, sa volonté de réunir les Congolaises et les Congolais autour d’un dialogue national inclusif, guidé par la primauté de l’intérêt supérieur de la Nation.
Cette énième initiative du Chef de l’État appelle l’ensemble des forces vives de la société, acteurs politiques, sociaux, intellectuels et communautaires, à transcender les clivages conjoncturels et les antagonismes partisans, afin de substituer à la conflictualité stérile une dynamique de cohésion, d’unité nationale et de responsabilité historique.
Le dialogue vertical, entendu comme la capacité du Président Félix Tshisekedi à consulter, écouter et associer les différentes composantes de la Nation, constitue déjà un marqueur constant de sa gouvernance.
L’ouverture imminente d’un dialogue horizontal, sous médiation angolaise, pourrait dès lors offrir un cadre propice à l’harmonisation des positions, à la correction des dysfonctionnements institutionnels et à l’optimisation du fonctionnement global de la République.
Cependant, il serait intellectuellement imprudent et politiquement illusoire de considérer ce dialogue comme une solution miraculeuse à la crise sécuritaire chronique qui affecte notre pays depuis plusieurs décennies.
L’expérience historique récente de la République Démocratique du Congo démontre amplement les limites des pourparlers strictement politiques lorsqu’ils ne s’attaquent pas aux causes structurelles et exogènes de l’instabilité.
En effet, les conflits armés récurrents dans l’Est du pays ne relèvent pas exclusivement de divergences internes ou de déficits de gouvernance nationale, mais s’inscrivent dans une géopolitique régionale de prédation, entretenue et instrumentalisée par des puissances extérieures agissant par procuration, notamment à travers le Rwanda, l’Ouganda et leurs multiples supplétifs armés, aux identités mouvantes et aux dénominations successives.
L’exemple du processus de Sun City est à cet égard édifiant : loin d’avoir mis fin à la violence, il a été suivi de mutations répétées des mouvements rebelles, non pas en raison de leur exclusion du dialogue, mais parce que la géopolitique de l’instabilité exige en permanence des acteurs armés pour légitimer le pillage des ressources, maintenir des zones grises sécuritaires et entretenir des alibis de belligérance.
Certes, un dialogue national horizontal peut renforcer la cohésion interne, mobiliser les énergies patriotiques et consolider le front politique national. Mais il ne saurait, à lui seul, neutraliser les logiques prédatrices transnationales, ni mettre fin aux stratégies de déstabilisation qui dépassent largement le cadre des acteurs politiques en costume ou des chefs de guerre opportunistes prompts à rompre les rangs.
La fin durable de la crise sécuritaire en RDC exige ainsi une approche globale, combinant unité nationale, vigilance populaire, détermination collective et repositionnement stratégique du pays dans les rapports de force internationaux. C’est dans cette perspective que s’inscrit la nécessité des alliances stratégiques assumées avec des partenaires crédibles, au premier rang desquels les États-Unis d’Amérique.
Sous la vision éclairée du Chef de l’État, et adossée à un Accord stratégique USA–RDC fondé sur la sécurité, la souveraineté et la valorisation équitable de nos ressources, la Nation congolaise peut rompre définitivement avec la géopolitique de l’instabilité imposée de l’extérieur et instaurer une géopolitique de la stabilité, garante de la paix, du développement et de la dignité nationale.
GHISLAIN MWANJI, PRÉSIDENT DU MOUVEMENT AVANCE
