Dans le tumulte incessant du paysage politique congolais, la volte-face de Daniel Safu ne passe pas inaperçue. Au cœur de l’actualité, cet ancien député national et membre du parti Ensemble a récemment mis à jour une vérité que d’aucuns ignoraient pourtant : toutes les pièces du puzzle étaient réunies pour l’attester.
L’agression rwandaise via la bannière des supplétifs du M23 et le mouvement « Sauvons la RDC », qu’il annonçait avoir rejoints il y a peu, ne sont en réalité qu’une seule et même entité. Échos des luttes passées, de cette admission émerge une question troublante : pourquoi Safu, hier fervent critique du pouvoir et de l’influence rwandaise, choisit-il aujourd’hui d’épouser un camp qui semble avancer avec les mêmes objectifs que ceux qu’il dénonçait ?
Cette évolution soulève de nombreuses interrogations. En optant pour un mouvement armé sous influence rwandaise, Safu se positionne lui-même dans une posture contradictoire. Il se joint à un camp dont il a dénoncé l’exclavage d’un agenda post-colonial qui, depuis trois décennies, alimente la guerre au Congo. Prendre les armes pour prétendre mettre fin à un conflit dont certains acteurs sont à la fois complices et victimes est une incohérence qui frôle l’absurde. Une telle démarche ne peut que souligner la nature ambivalente des alliances politiques en République Démocratique du Congo, où la frontière entre le pouvoir et l’opposition semble parfois illusoire.
Là où la révolte cède la place à la complicité, l’image d’un leader engagé se dilue dans le flou des compromissions. Daniel Safu, en s’alignant aux côtés de Joseph Kabila, qui il y a peu encore était un adversaire de premier plan, déroge à la promesse d’un changement véritable. Ce dernier, devenu l’ombre de lui-même sous la tutelle rwandaise, semble avoir avalé ses idéaux pour mieux répondre aux diktats d’un pouvoir extérieur. Se clamer défenseur des libertés tout en marchant main dans la main avec un ancien tyran, son bourreau d’hier, c’est emprunter un sentier semé d’embûches.
Dans cette danse des masques, son ami et complice Mike Mukebayi n’a pas hésité à désigner le véritable moteur de cette transformation : l’appât du gain. Pour lui, le refus de Moïse Katumbi de céder face à des sollicitations financières démesurées aurait conduit Daniel Safu à se tourner vers le mieux offrant. Ce constat, accablant dans sa simplicité, nous interroge : qu’est-ce qui pousse un homme à trahir ses idéaux au nom de l’argent ? Est-ce cela, la vision politique du Congo de demain, l’alternative à la vision de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo ?
Ainsi, cette situation révèle une aberration qui ne pourrait que renforcer le fatalisme des Congolais. Alors que le peuple aspire à des leaders véritables, engagés pour leur bien-être et leur avenir à l’instar du Président Tshisekedi, des figures comme Safu viennent illustrer à quel point l’intérêt personnel l’emporte souvent sur la dignité et l’idéal politique. En dénonçant un incendie tout en marchant aux côtés des incendiaires, ce repris de justice ne fait que se compromettre dans une réalité qui, loin d’apporter l’espoir, enchaîne les hommes aux vieux démons du pouvoir.
Et maintenant, quelle sera la suite pour Daniel Safu et le mouvement « Sauvons la RDC » ? Entre opportunisme et trahison, la route est semée d’obstacles, et le défi véritable reste de convaincre un peuple qui accompagne le Président de la République dans sa quête de mettre définitivement un terme à trois décennies d’une agression atroce imposée par le Rwanda afin d’ériger au cœur du continent noir un État véritablement fort, uni et prospère.
Ne Kakinankaziko Mayola
