La situation dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) continue de susciter des inquiétudes croissantes au sein de la communauté internationale, alors que l’agression rwandaise, à travers ses supplétifs du M23, se intensifie. Thérèse Kayikwamba, ministre d’État des Affaires étrangères de la RDC, a dénoncé l’inaction alarmante du Conseil de Sécurité de l’ONU, qui, depuis neuf mois, semble démuni face à cette crise pourtant évidente.
Dans une déclaration sans équivoque lors de la réunion du conseil de sécurité des nations unies tenue ce vendredi 12 décembre 2025 à New-York, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères de la RDC, Thérèse Wagner Kayikwamba a affirmé que la RDC a « volontairement choisi la voie de la diplomatie », tout en laissant entendre que cela ne doit pas être perçu comme une faiblesse. La cheffe de la diplomatie congolaise a appelé à la mise en œuvre effective de la Résolution 2773 du Conseil de Sécurité, à des sanctions ciblées contre les responsables de l’agression rwandaise. Elle a également demandé un embargo total sur l’exportation des minerais rwandais, marquant ainsi une volonté de rappeler aux nations partenaires l’importance de la transparence et de la responsabilité dans le commerce des ressources naturelles.

Les âpres révélations du diplomate américain Mike Waltz, représentant des États-Unis auprès de l’ONU, mettent en lumière l’ampleur du soutien militaire du Rwanda au M23. Qu’il s’agisse du contrôle opérationnel du groupe armé par Kigali ou de l’implication directe du président Paul Kagame dans la planification stratégique, les États-Unis appellent fermement à la cessation de cette ingérence, qui menace non seulement la sécurité de la RDC, mais également celle de la sous-région. L’ambassadeur a même souligné que jusqu’à 7 000 soldats rwandais ont été déployés dans l’est congolais.
Du côté français, l’ambassadeur Jérôme Bonnafont a exigé à New York le retrait immédiat des forces rwandaises et une cessation sans ambages des hostilités du M23. « La prise d’Uvira, ville stratégique du Sud-Kivu, accroît le risque d’une escalade régionale », a-t-il alerté, insistant sur le caractère inviolable de la souveraineté congolaise. Paris a également réitéré l’importance du respect des accords de Washington et de Doha, ancrant ainsi l’appel à une solution diplomatique dans un cadre international.
Les récentes escalades, notamment l’utilisation de drones suicides, soulignent un changement de dynamique dans le conflit, rendant la nécessité d’une intervention internationale plus pressante que jamais. En effet, ces nouvelles méthodes de combat posent un défi non seulement à la RDC, mais à l’ensemble des nations voisines. La panoplie de technologies militaires disponibles pour le M23, soutenu par le Rwanda, exacerbent les tensions et exacerbent la crise humanitaire, déjà l’une des plus graves au monde, poussant des milliers de Civils à fuir leurs foyers.
Face à ce tableau critique, la RDC appelle avec insistance les membres du Conseil de Sécurité de prendre des mesures concrètes. La demande d’un embargo total sur les minerais rwandais et d’une notification systématique pour tous les transferts d’armes vers le Rwanda est un appel à la communauté internationale pour prendre enfin position contre l’agression et pour la défense des droits des Congolais.
Alors que les tumultes continuent de faire rage à l’est, la RDC reste déterminée à défendre son intégrité et son autonomie, tout en continuant de tendre la main à la communauté internationale pour un dialogue constructif. Il est temps que le Conseil de Sécurité de l’ONU réagisse de manière décisive. L’inaction n’est plus une option.
Ne Kakinankaziko Mayola
