Après son séjour à Kigali, où le Qatar a investi près de deux milliards de dollars, notamment dans l’aéroport de Bugesera qu’il contrôle à 60 % et Rwandair, où il détient 49 %, l’émir du Qatar, le cheikh Tamim bin Hamad Al Thani,
est attendu ce vendredi 21 novembre 2025 à Kinshasa pour une visite officielle.
Plusieurs questions de coopération bilatérale entre les deux États seront au cœur des échanges entre les deux chefs d’États, notamment sur la sécurité, l’économie (le commerce), les mines, l’énergie, les infrastructures et la diplomatie.
Une nouvelle ère se dessine sur le continent africain avec l’annonce fracassante faite par le Qatar. Déjà actif au Rwanda avec près de 2 milliards de dollars d’investissements, dont 1,3 milliard consacré à l’aéroport international de Bugesera à Kigali, cet Émirat du Golfe a décidé de multiplier ses engagements par dix en République Démocratique du Congo.
Avec un investissement colossal de 21 milliards de dollars, Doha envoie un message limpide : l’avenir économique de l’Afrique se joue à Kinshasa, et non à Kigali. Cette décision stratégique ouvre la voie à une réalité incontournable : alors que le Rwanda tente de se positionner comme un hub aérien, la RDC, avec sa démographie florissante (100 millions d’habitants), ses richesses naturelles inégalées (première en Afrique) et son potentiel économique vaste, s’impose finalement comme le nouveau cœur battant de l’Afrique centrale.
C’est un tournant majeur. En optant pour un investissement dix fois supérieur en RDC par rapport à celui au Rwanda, le Qatar franchit un cap et témoigne que le véritable titan de demain ne se trouve pas dans le pays des mille collines, mais au sein de cette nation congolaise dont la voix et la puissance résonnent de plus en plus au-delà de ses frontières.
Selon des fins limiers consultés par notre rédaction, les 20 milliards annoncés ne constituent pas un prêt, mais plutôt un investissement privé qui implique l’engagement de capitaux par des acteurs économiques pour des projets productifs, visant à réaliser des bénéfices sans recourir à l’aide publique ou aux finances d’État.
Ce partenariat stratégique sera porté par Al-Mansour Holding, dirigé par le cheikh Mansour Ben Jabor Ben Jassim Al Thani, membre de la famille royale de l’État du Qatar, qui avait visité Kinshasa au mois de septembre dernier. Ces investissements concernent de multiples secteurs, parmi lesquels l’agriculture, les finances, les mines, l’industrie pharmaceutique ou encore les hydrocarbures.
Ne Kakinankaziko Mayola
