En conférence de presse ce mardi 4 novembre à Kinshasa, Jean-Marc Kabund a une nouvelle fois tenté d’exister sur la scène politique congolaise en s’érigeant en pourfendeur du régime de Félix Tshisekedi. Un exercice convenu, truffé d’incohérences, et qui peine à convaincre dans un pays où les réformes entreprises par le pouvoir en place parlent davantage que les slogans creux de l’opposition.
« Le pays sombre depuis sept ans », a lancé l’ancien président intérimaire de l’UDPS, aujourd’hui à la tête de son propre parti. Mais les faits démentent ce constat apocalyptique. Sur le plan macroéconomique, la Banque centrale du Congo maintient une stabilité après une appréciation du franc congolais malgré un contexte international difficile, tandis que les investissements publics n’ont jamais été aussi soutenus dans les secteurs des infrastructures, de l’énergie et de la défense.
La modernisation en cours des routes nationales, la relance des corridors commerciaux et la sécurisation progressive de l’Est témoignent d’une gouvernance plus pragmatique que populiste. Autant de signaux que M. Kabund feint d’ignorer, préférant agiter le spectre d’un chaos politique imaginaire.
En appelant à un « dialogue national inclusif » pour « sauver des vies », Kabund ressuscite une vieille recette de la classe politique congolaise : celle du consensus permanent au service d’ambitions personnelles. Or, le pays n’est pas dans une crise de légitimité. Les institutions fonctionnent, l’opposition et la société civile s’expriment librement.
Dans l’opinion publique, Nombreux sont ceux qui voient dans cette proposition un prétexte pour revenir dans le jeu après avoir choisi l’isolement. Son appel à une marche le 15 décembre prochain sonne davantage comme un baroud d’honneur que comme un véritable mouvement populaire.
Difficile d’oublier que Jean-Marc Kabund fut l’un des artisans de l’accession de Félix Tshisekedi au pouvoir. À ce titre, il connaît les défis hérités d’un État longtemps fragilisé par des décennies de mauvaise gouvernance. Mais plutôt que d’assumer son propre bilan au sein du système qu’il dénonce aujourd’hui, il préfère réécrire l’histoire, oubliant opportunément les années où il dirigeait la majorité parlementaire.
Le contraste est saisissant : pendant que l’exécutif consolide les finances publiques et renforce la diplomatie congolaise sur la scène internationale, Kabund recycle les vieilles recettes d’une opposition sans projet.
Au-delà du discours, aucune proposition concrète n’émerge. Ni vision économique, ni perspective institutionnelle. L’ancien “gardien du temple” l’UDPS semble enfermé dans une logique de revanche personnelle. Et sur ce terrain-là, l’opinion congolaise, désormais plus exigeante, ne suit plus les hommes de ressentiment, mais les bâtisseurs d’avenir.
Félix Tshisekedi, en consolidant fort des résultats economico-financiers salués par les institutions internationales, en misant sur la transparence et en poursuivant la transformation des provinces, incarne un pragmatisme que Kabund peine à combattre autrement que par le verbe.
Dans une RDC en pleine mutation, les sorties de Jean-Marc Kabund relèvent moins du débat démocratique que du théâtre politique. L’homme, jadis présenté comme un stratège redoutable, semble désormais prisonnier de ses contradictions. À défaut de proposer une alternative crédible, il choisit la surenchère verbale. Mais le pays, lui, avance tranquillement avec Félix-Antoine Tshisekedi. Et le temps des slogans est bel et bien révolu.
Ne Kakinankaziko Mayola
