À l’Assemblée nationale, l’heure est à la frénésie. À la base, cette guerre froide, feutrée et impitoyable, se déroule à distance entre l’UDPS et l’UNC, deux partis politiques phares de la majorité parlementaire au pouvoir à Kinshasa. Cette lutte souterraine risque, si l’on y prend garde, de fragiliser la cohésion au sein de l’Union sacrée de la Nation (USN), regroupement politique qui soutient le Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Depuis le limogeage de son speaker de charme, Vital Kamerhe, des suites d’une pétition lancée contre lui par un député membre de l’UDPS, la chambre basse du Parlement peine à lui trouver un remplaçant. Près d’un mois après cette éviction, les signes avant-coureurs de reprise en mains du dossier de son remplacement et de celui de la rapporteur adjoint, également chassée par la même pétition, ne sont toujours pas palpables. Le calendrier électoral relatif au dépôt des candidatures, suivi de leur élection, n’est toujours pas publié. De quoi en rajouter à la confusion déjà palpable au Palais du peuple.
Cela pousse certains à accuser, à tort ou à raison, l’actuel président provisoire, Jean-Marie Tshilumbayi, de laisser volontairement pourrir ce dossier dans les tiroirs, une façon pour lui de continuer à jouir de privilèges dus à cette prestigieuse fonction de speaker de l’Assemblée nationale.
Plus les jours passent, plus cette fébrilité s’accroît, surtout parmi les députés nationaux membres de l’UNC. Pour eux, le remplaçant de Vital Kamerhe au perchoir de l’Assemblée nationale doit provenir de leur parti politique. C’est à prendre ou à laisser, et donc non négociable.
Pendant ce temps, les partisans du doyen Mboso ne croisent pas les bras. Ils travaillent dans l’ombre comme des fourmis et poussent ce dernier à candidater, avec l’espoir de le voir rééditer son ancien exploit en se faisant élire une fois de plus à la tête du bureau de l’Assemblée nationale. Cela tiendrait tout de même du miracle. Mais rien n’est impossible à celui qui croit.
Le Vieux a l’avantage de jouir d’une longue expérience, doublée surtout d’une grande loyauté éprouvée à l’égard du Président Tshisekedi. Un atout qui risque de faire mouche au moment du tamisage des intentions par l’ayant droit.
À ce sujet, il sied de rappeler utilement une récente communication du Président provisoire du bureau de la chambre basse, une communication lourde de sens, selon laquelle les orientations de la Haute Autorité Politique de Référence de l’USN, Félix Tshisekedi, sont attendues à ce sujet. De quoi calmer les esprits agitateurs et autres agités de tout bord.
Néanmoins, tout le pays attend vivement ces recommandations. Car en cette session budgétaire, toute chambre basse du Parlement qui se respecte à travers le monde entier ne peut se permettre de fonctionner longtemps sans son Président.
Paulin Tunsele
