En tendant la main à son homologue rwandais Paul Kagame lors du sommet de Bruxelles, le président congolais Félix Tshisekedi a posé un acte fort. Pour le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, cette initiative ne relève pas de la naïveté politique, mais d’une vision réfléchie, fondée sur la responsabilité, la paix et la grandeur d’État.
« Tendre la main à Kagame, c’est une mesure de grâce envers le Rwanda », a affirmé le ministre de la Communication et des Médias, rappelant que le chef de l’État congolais avait, jusqu’alors, envisagé de plaider pour un renforcement des sanctions contre Kigali. Ce revirement diplomatique, explique-t-il, traduit la capacité du président Tshisekedi à dépasser les logiques de vengeance pour embrasser celle du pardon stratégique.
« C’est une main tendue qui vaut clémence, une mesure de grâce politique dans un contexte où le Rwanda subit déjà les contrecoups économiques des sanctions internationales », a précisé Muyaya dans l’émission Bosolo na Politik.
Une démonstration de leadership et non de faiblesse
Loin d’être un signe de capitulation, le geste de Félix Tshisekedi marque, selon le porte-parole du gouvernement, « le choix de la paix et de la grandeur ».
« Le président a agi en homme d’État. Tendre la main à Paul Kagame n’est pas une faiblesse, c’est un acte de responsabilité. Le président sait que Kagame détient une influence directe sur le M23. Il l’a interpellé avec courage, dans un esprit d’apaisement et de vérité », soutient Patrick Muyaya.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2019, le chef de l’État congolais a multiplié les initiatives diplomatiques pour stabiliser l’Est du pays et promouvoir une coopération régionale fondée sur la confiance mutuelle. « Le président Tshisekedi n’a jamais failli à sa ligne de paix. Il a démontré, une fois de plus, qu’il est capable de faire primer la raison d’État sur la passion politique », ajoute le ministre.
Un geste à haute portée stratégique
Patrick Muyaya va plus loin : selon lui, le président congolais a su déjouer un scénario où la RDC risquait d’être injustement présentée comme un facteur de blocage.
« Beaucoup ne s’en rendent pas compte, mais cette main tendue a pris de court plusieurs acteurs régionaux et internationaux. Alors que certains voulaient faire passer la RDC pour le pays qui refuse la paix, Félix Tshisekedi a inversé la perception en s’affichant comme l’artisan du dialogue et de la stabilité », analyse-t-il.
Pour le gouvernement congolais, cette ouverture diplomatique n’est pas une capitulation, mais une contre-offensive morale.
« Le président Kagame espérait conditionner certains accords économiques à une logique diplomatique qui aurait isolé la RDC. En tendant la main le premier, le chef de l’État congolais a désamorcé le piège, réaffirmant la primauté de la souveraineté congolaise tout en gagnant le respect de la communauté internationale », note Muyaya.
Rétablir la RDC dans son rôle d’acteur de paix
À travers ce geste symbolique, Kinshasa reprend l’initiative diplomatique.« Ce geste fort a replacé la RDC en position de force morale : celle d’un État qui choisit le dialogue là où d’autres choisissent la confrontation », explique le ministre.
Et de poursuivre : « Le président Tshisekedi a, par cette démarche, obligé Paul Kagame à se positionner : soit il accepte la main tendue et œuvre pour la paix, soit il confirme sa responsabilité dans la déstabilisation régionale. »
La cohérence d’une vision
Pour Patrick Muyaya, il s’agit là d’un acte de continuité et non d’improvisation. « Depuis 2019, le président agit avec la même cohérence : rechercher la paix sans compromettre la dignité du Congo. Cette intelligence politique consiste à anticiper, à apaiser et à protéger son peuple sans jamais perdre son âme », insiste-t-il.
En conclusion, le porte-parole du gouvernement appelle à une lecture lucide de la démarche présidentielle: « Tendre la main à Kagame, c’est choisir la voie la plus difficile — celle de la paix et de la grandeur. Le président Tshisekedi n’a pas simplement parlé à Kagame, il a parlé au monde : celui d’un Congo qui refuse d’être prisonnier de la haine et qui s’affirme comme puissance morale en Afrique centrale. »
Ne Kakinankaziko Mayola
