Tout Savoir sur la rencontre et la relation entre Désiré Muwala-Bol’makob Matalatala et le Dr Étienne Tshisekedi .
En dépit de la situation sécuritaire précaire qui prévaut dans la partie orientale de la République Démocratique du Congo accentuée par l’agression rwandaise, ce samedi 01Février 2025, les Congolais en général et les Tshisekedistes en particulier ont célébré la vie d’Étienne Tshisekedi Wa Mulumba, un symbole emblématique de la lutte pour la liberté et la justice. Ancien premier ministre de la République Démocratique du Congo et figure incontournable de la politique Congolaise durant près de quatre décennies, Tshisekedi Wa Mulumba Étienne a consacré toute sa vie à la lutte pour l’amélioration des conditions de vie des Congolais en promouvant la justice distributive, l’égalité et les droits humains. Son parcours a inspiré des millions de personnes dans le monde entier.
Pour ce huitième anniversaire depuis sa disparition, il était judicieux de rappeler l’importance de lutter contre l’injustice et de promouvoir l’État de droit en réfléchissant à son héritage. Les Congolais de tous bords politiques, mais surtout les héritiers de sa famille politique, ont l’obligation de poursuivre la quête d’un monde meilleur, où la dignité humaine et l’égalité sont au cœur de l’action politique. Il convient de se souvenir toujours de son célèbre slogan, pierre angulaire de son projet de société : « Le Peuple d’abord ». Toute sa vie, il a œuvré pour le Congo et pour les Congolais avec amour, dévouement et détermination afin de créer un avenir juste et équitable.
Désiré Muwala-Bol’makob Matalatala, cofondateur de l’UDPS et ancien conseiller principal au Collège du commerce international du Président Félix Tshisekedi, est actuellement président du Conseil d’administration de l’Autorité de régulation de l’aviation civile (AAC) et également président de la fondation qui porte son nom. Ce haut cadre du parti présidentiel est aussi professeur chargé de cours à l’ULK.

À l’occasion de ce huitième anniversaire de la disparition de cette illustre personnalité, Désiré Muwala a choisi notre média pour rendre publique sa tribune consacrée essentiellement à sa relation particulière avec Étienne Tshisekedi Wa Mulumba, qu’il considère comme un leader intemporel et intergénérationnel. De sa première rencontre à son adoption en tant que l’un de ses fidèles lieutenants, il décrit en détail les différents moments partagés avec feu le Docteur Étienne Tshisekedi Wa Mulumba, d’heureuse mémoire.
Voici in extenso la tribune du PCA de l’AAC, Désiré Muwala-Bol’makob Matalatala:
H O M M A G E A U
P E R E D E L A
D E M O C R A T I E:
N L O N G I E T I E N N E T S H I S E K E D I*.
MA RENCONTRE AVEC LE DR ÉTIENNE TSHISEKEDI WA MULUMBA.
A l’occasion du 8ème anniversaire de la mort du President Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba, je voudrais évoquer * CE MOMENT DE LA CONSTRUCTION DE MA RELATION PARTICULIÈRE AVEC LUI*.
Aussitôt élu 1er SG de l’UDPS, Dr Adrien Phongo se met au travail avec pour première action: effacer l’image négative qu’avait l’UDPS dans certains cercles intellectuels.Le tableau peint par Camus, Éditeur de Conscience africaine résumait le mieux cette image injuste : *l’opposition à Mobutu devrait réaliser une sainte alliance entre l’UDI de Kengo pour apporter l ‘expertise, le PDSC d’Ileo la Conscience chrétienne et l’UDPS de Tshisekedi la combativité*.
Pour ce faire, le secrétariat national avait pris la décision d’organiser un diner-conference à l’Hôtel Intercontinental, destiné aux opérateurs économiques pour leur exposer la philosophie économique du parti des Aradjikal. A examiner de près, cette décision ressemblait à celle de l’ANC de réunir à Brazzaville, en 1986, et une année plus tard à Dakar, les Boers sudaf pour leur faire l’économie de son option économique notamment les nationalisations.
Je me trouvais à Kikwit à l’Université du Bandundu où j’enseignais lorsque cette décision avait été prise. A mon retour, le SG Phongo m’avait tendu une invitation pour cette conférence avec dans la bouche ces mots: *Désiré, toutes les personnes à qui j’ai demandé de rédiger le texte du diner- conférence m’ont dit que tu es le mieux placé pour ça*. Tout en le remerciant de la confiance, je lui avais rétorqué que ce sera la première fois que l’UDPS va dévoiler ses options economico-financières. Ce n’est pas un meeting pour improviser, il faut bien réfléchir. Moi, je vais rédiger le draft en 10 jours. Et ce n’est pas fini, il faudra réunir un panel d’expert pour l’enrichir. Il n’était pas d’accord, pcq la date avait été fixée et les invitations distribuées. Deux jours après, il m’a donné raison et je me suis mis au travail avant d’être rejoint par une vingtaine de cadres
Je crois que mon choix aurait été dicté par l’excellent travail que j’abattais pour vulgariser le projet de société du parti. En effet, j’avais attiré l’attention des cadres du parti et des mileux diplomatiques. D’abord, par un long article publié en 2 éditions dans le quotidien La Référence que j’avais intitulé : L’UDPS, L’ÉCONOMIE ET LE CHANGEMENT. Et, puis dans les différents modules du séminaire de formation politique et idéologique du DIMOPRI du SN Roger Gisanga au cours desquels j’avais développé comme formateur, l’aspect économique du projet de société de l’UDPS.
La Commission Muwala-Bol’makob avait mis 2 semaines pour finaliser le document complet sur la vision socio-economique du Parti.
Chaque soir à la clôture de la journée chez Marcel Mbayo à Limete où se tenaient les réunions, je me rendais au Bureau du Président Étienne pour lui faire un briefing sur la matière de la journée.
Le diner- conférence tenu le 27 février 1996 fit tabac L’orateur du jour, Yatshitshi avait pendant une heure et demie tenu l’assistance en haleine en développant son exposé, sans notes, axé sur sa vision de la reconstrution du pays à la lumière du projet de société du parti.Ce n’était pas à sens unique, les invités ayant soulevé plusieurs questions.
Il avait convaincu l’auditoire. Le lendemain, toute la presse aussi bien rouge que celle du pouvoir avait salué les options economico- financières de l’UDPS. L’internet naissant à l’époque s’était invité avec la publication du document de la Commission Muwala-Bol’makob sur le site du parti.
L’appétit vient en mangeant, dit le dicton populaire. J’étais loin de m’imaginer que ce travail diligenté par le SG Phongo allait m ‘ouvrir grandement les portes d’intrusion dans les milieux de l’opposant historique. Pour ce faire, j’avais trouvé une idée géniale de lui faire chaque fin du mois, une étude sur la conjoncture économique nationale et internationale. A la réception du travail, il m’invitait pour le débat et nous passions des heures. Ce qui agaçait le protocole.
Lorsque je pénétrais dans son bureau, il avait entre ses mains des *Annuaires de l’économie et de l’industrie de la République Démocratique du Congo* des années du miracle congolais (1969-1972) auquel il avait contribué sous Mobutu, comme ministre. Nous commencions par l’économie du texte que je devais faire. Le président intervenait pour des éclaircissements qu’il voulait obtenir de l’étude. Ce qui nous ouvrait les vannes des immenses chantiers de reconstruction. Il me disait souvent: *Désiré tu es mon professeur*. Ce à quoi je retorquais: *Monsieur le Président, vous ne pouvez imaginer la somme d’expérience et d’enseignements que j’apprends de vous*. Nous avions, moi apportant la science économique et lui l’immense expérience de la gestion de la res publica qu’il avait accumulée, construit un cercle vertueux par lequel nous nous enrichissions mutuellement:
Durant ces échanges. J’ai découvert que le président
Tshisekedi avait une connaissance étendue et une maîtrise des dossiers notamment la vision claire de la reconstruction du Congo.
Je n’avais pas attendu sa disparition pour publier dans le SOFT (1er août 2011), à la veille des élections de 2011qu’il avait gagnées, un article au titre evocateur: *CE JOUR, TSHISEKEDI ME DIT LE NATIONALISME EST STERILE*.. L’article reprenait certains enseignements appris de cet éducateur du peuple. Posté sur la toile, l’article était devenu viral ( en 2 jours, plus de 7 000 internautes l’avait consulté) et repris en commentaire dans plusieurs sites notamment celui de l’APARECO de Honoré Ngbanda qui avait titré: Tshisekedi a besoin de l’Occident pour accéder au siege presidentiel*.
Nos échanges avec *Mukongo ya ndjoko* ont duré de 1996 à 2010, soit 15 ans. Diminué par un état de santé déclinant, Dr Étienne m’avait demandé de poursuivre le débat avec Gilbert Mundela.
Je voudrais profiter ce 8ème anniversaire de la disparition du *Joker de l’Afrique*( dixit Alpha Conoré président de l’UA) pour lui rendre un vibrant hommage ainsi qu’à tous les cadres qui avaient contribué à ce travail que l’éternel a rappelés. Il s’agit de: président Robert-Vincent Mbwankiem, SG Dr Adrien Phongo, conseillers du président: Jean-Baptiste Mulumba et Mr Abbé Mamba, et des secrétaires nationaux: Recteur Djelo, prof Mpiri Opine, Serge Kalonji, Pierre André Kalonji.
Désiré Muwala-Bol’makob Matalatala, Co-fondateur de l’UDPS.
